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lundi 24 juillet 2017
Le Comité

 
 

Recherche biomédicale chez les personnes

 

Définitions

-  Recherche biomédicale  :

Toute activité dont la finalité est de contribuer à un progrès dans la connaissance de la biologie humaine, des maladies et de leurs traitements.

-  Personne  :

Individu de l’espèce humaine considéré en tant que sujet conscient et libre.
Etre individuel possédant une conscience, une unité, une continuité de la vie mentale, une liberté de décision et d’action, capable de distinguer le bien du mal et de se déterminer par des motifs dont il puisse justifier la valeur devant ses semblables.

-  Recherche biomédicale chez les personnes  :

"Les recherches organisées et pratiquées sur l’être humain en vue du développement des connaissances biologiques ou médicales sont autorisées dans les conditions prévues au présent livre et sont désignées ci-après par les termes "recherche biomédicale". (art. L1121-1 du Code de la santé publique).

La problématique

- La personne

Toute personne se reconnaît à chaque instant un statut de bonne santé ou de malade . Cette notion subjective et individuelle est reprise au niveau de chaque société : la reconnaissance sociale de l’état de maladie ouvre place à des droits en termes notamment d’accès aux soins et de travail.

La définition de l’état de maladie est variable selon les cultures, les sociétés, et pour une société donnée, selon les époques de son histoire.

La représentation de la recherche biomédicale dans le public est biaisée du fait notamment de l’écho qu’en donnent les medias : les découvertes des chercheurs en laboratoire ou la réussite de telle ou telle intervention chirurgicale extraordinaire chez un patient singulier sont mises en avant.

La réalité de la recherche clinique demeure largement méconnue, notamment dans deux de ses aspects essentiels :

  • la solidarité entre individus et entre générations qu’elle implique : la qualité des traitements dont disposent les patients d’aujourd’hui, et la confiance qu’ils peuvent leur accorder, est la conséquence de la participation d’autres personnes à des recherches cliniques, personnes qui ont pris pour celà des risques.
  • la progressivité et donc le temps nécessaire pour qu’une hypothèse de progrès en médecine puisse être vérifiée, éprouvée, et devienne accessible et utile au plus grand nombre.

Les personnes qui sont sollicitées pour participer à une recherche biomédicale ont parfois une difficulté pour faire la part de leur situation individuelle et de leur attente (guérir) et celle de leur contribution au progrès de la médecine, qui représente en fait un don de soi à la collectivité. Le fait que cette proposition de participation à une recherche leur soit présenté par leur médecin traitant, qu’ils découvrent à cette occasion être aussi un chercheur, peut contribuer à cette difficulté.

- Le médecin-chercheur

Le chercheur qui réalise une recherche biomédicale chez les personnes est appelé investigateur. En France, sauf cas particulier, il s’agit nécessairement d’un médecin, et, sans que cela soit requis dans nos lois, il s’agit pour les recherches concernant des patients, du médecin qui est aussi en charge du traitement.

Il s’agit d’une tradition française ; dans d’autres pays, notamment anglo-saxons, le médecin-investigateur est plus ou moins régulièrement distinct du médecin-soignant.

Comme l’a écrit crûment D.G. Altman : "La différence entre la recherche médicale et la recherche agricole est que la recherche agricole n’est pas réalisée par des fermiers !" (Statistical reviewing for medical journals. Stat Med 1998, 17:2661-74). Cette double fonction représente un dilemme pour le médecin soignant et investigateur. Au regard des critères de demande et de connaissance, la situation respective du patient et du médecin est exactement inversée selon que l’on se place d’un point de vue de médecine soignante ou de celui de recherche biomédicale.


Le médecin qui se trouve à la fois en position de soignant et d’investigateur se trouve confronté à un dilemme qui peut être ainsi schématisé :

SOIGNANT INVESTIGATEUR
Intérêt centré sur le patient Intérêt centré sur la maladie
Le patient est une fin, le traitement est personnalisé, valeur de la sagesse individuelle du soignant Le patient est un moyen, le traitement est protocolisé, valeur de la sagesse collective des investigateurs
Souci de préserver le patient d’aujourd’hui au risque de pénaliser le patient de demain Accepte de pénaliser le patient d’aujourd’hui pour un bénéfice espéré chez le patient de demain

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